Étape 6 : de la cabane du Halti à Meekonjärvi

Le 28/04/2025

Sur le retour

Une fois n'est pas coutume, je me réveille tôt. Très tôt. Le soleil n'est pas encore levé, mais c'est déjà très lumineux.

Je me démarre un petit feu, car il fait sacrément frais dans la cabane ce matin. Je suis étonnamment efficace sur le rangement et sur mes préparatifs, parce que je suis prêt au départ avant 8h, heure norvégienne. Je n'ai toujours pas changé d'horaire.

Me voilà donc sur le chemin du retour. Comme j'ai eu beaucoup de montées à l'aller, je devrais avoir une majorité de descentes maintenant et ça devrait aller plus vite. De plus, je sais que désormais, chaque pas va me rapprocher un peu plus d'une douche chaude. Ça motive !

Je compte faire deux étapes en une. Je ne vais pas m'arrêter à Pitsusjärvi, mais continuer jusqu'à la petite cabane de Meekonjärvi.

Il fait froid, mais la météo est plutôt agréable pour le moment. Ça glisse bien, ça va vite.

Pause à Pistus

J'arrive à Pistus à peine deux heures plus tard, en n'ayant pas croisé un chat jusqu'à ce groupe de motoneiges qui m'en a mis plein les poumons et les oreilles au niveau de la cabane. Au loin, je vois deux personnes, qui ont environ une heure d'avance sur moi. C'est probablement le couple de finlandais.

Il est aux alentours de 10h du matin. Je fais une petite pause snack, pour remettre un peu de jus dans le moteur, car de l'autre côté du lac, une bonne montée m'attend.

Je suis assez frais, donc ça grimpe plutôt bien. Au moment de me lancer dans la descente de la grande pente qui m'en a tant fait baver à l'aller, je croise un groupe d'une dizaine de personnes. On discute un peu avec la guide finlandaise, pour se donner les quelques infos classiques. D'où vous venez ? Vous allez où ? Vous avez vu des choses en particulier ? Au moment de repartir, un gars de son groupe m'interpelle :

"Where are you from ?
- France.
- Ah il me semblait bien ! En fait on est un groupe du CAF (Club Alpin Français) de Nantes."

La guide comprenait aussi le français. Ça aurait été plus simple comme ça. Bon, ça m'aura fait pratiquer mon anglais rouillé au moins.

On discute un peu, puis nous reprenons chacun notre chemin, après s'être mutuellement souhaité bonne chance.

Usure

Je n'y prêtais pas trop attention au début, car c'était léger, mais depuis quelques minutes, mes pieds me font un mal de chien ! Le droit, j'y suis habitué, avec mes ampoules empilées les unes sur les autres au niveau du talon. Mais la petite nouveauté, c'est le pied gauche. J'ai un point très précis sur le dessus de la malléole interne qui me lance une douleur très vive à chaque pas. C'est l'endroit où passe la sangle de serrage. Comme j'ai serré fort, pour compenser le fait que ma botte soit peut-être un peu trop large, à force, j'ai dû écraser le tendon.

J'essaye de repositionner mon pied à plusieurs reprises, mais rien n'y fait. Je modifie mes foulées et prend de plus petits appuis. C'est peut-être un poil mieux, mais il va quand même falloir serrer les dents jusqu'à l'arrivée.

Me revoilà dans la petite vallée un peu plus riche en végétation. La cabane de Meekonjärvi ne doit plus être très loin.

Dans le ciel, le soleil me fait une belle parhélie. Ce phénomène est assez courant ici. Il peut arriver qu'on le voit aussi jusqu'à chez nous, mais c'est plus rare et moins marqué.

Très au loin, je vois deux personnes en train de lutter dans la grande montée derrière la cabane. Ils se lancent jusqu'à Kuonjarjoki à cette heure ? C'est que ça doit être jouable... L'idée de poursuivre me traverse l'esprit, car il est encore relativement tôt : aux alentours de 13h. Au pire, même si je mets trois ou quatre heures, il devrait encore faire jour en arrivant. Non mais ... non ... Je suis déjà dans le dur à cause de cette douleur, j'ai du temps devant moi, ça ne sert à rien de forcer.

La météo étant beaucoup plus clémente que lors de mon dernier passage ici, je découvre bien plus d'empreintes d'animaux. Ici des lagopèdes, là un lièvre. Ici un renne.

Retour à Meekonjärvi

Me voici de retour à la cabane. C'est l'heure de prendre mon repas. Ça tombe bien, j'ai un sacré creux ! Je suis tout seul. Plusieurs groupes arrivent, mais ne font que passer. Ils continuent probablement sur Pitsusjärvi, ou bien vont jusqu'aux cabanes réservables de Meekonjärvi, qui sont un peu plus loin.

Je commence à réfléchir à la suite de mon périple, pour savoir quel objectif me fixer le lendemain. J'envisage d'aller voir Porojärvi, comme ça m'a été conseillé. Mais Manu, mon monsieur météo, m'annonce qu'une dégradation arrive. Depuis le début de ce séjour, je ne me sens pas en confiance, alors je n'ai pas trop envie de jouer. M'aventurer sur une piste beaucoup moins marquée et pratiquée, alors que je risque d'avoir des chutes de neige et une visibilité réduire ... non ... je ne le sens pas. Je continuerai donc sur la trace principale.

Pour occuper la fin de cette journée, je décide d'aller me promener dans les environs avec mon appareil photo, après avoir fait les corvées d'eau et de petit bois.

Assez vite, je retrouve une connaissance. Le renne que j'avais croisé à l'aller.

Il est toujours aussi peu photogénique, avec toutes ses balafres, ses étiquettes et marques d'élevage. Il me fait un peu de la peine. Il s'est certainement perdu ici tout seul lorsque son troupeau a été déplacé et il survit comme il peut.

Il est un peu plus coopératif que la première fois.

Je poursuis ma promenade. Je m'étonne de ne pas trouver de lagopèdes des saules. C'est pourtant bien leur biotope ici et j'ai vu quelques empreintes par-ci par-là.

Le soleil commence à se coucher. Je décide de rentrer, un peu déçu de ne pas avoir vu mes chouchous.

À peine à cent mètres de la cabane, que vois-je dans les arbres ? Des boules de neige volantes ! Ah ! Ils sont là ! Il me semblait bien qu'il y en aurait ici !

Ils ne sont pas évidents à approcher. Ils vivent en groupe, beaucoup plus que les alpins. Donc forcément, dès qu'il y en a un qui s'envole, tout le reste suit. Et la luminosité est très faible, pour ne rien arranger. Je sais donc que je ne ferai pas de photo "d'art" cette fois-ci, mais que je ramenerai juste des souvenirs. C'est déjà mieux que rien.

Dans le lot, certains sont un peu plus coopératifs que d'autres.

Ils s'éloignent. Vu la luminosité, ça ne sert plus à rien de les suivre. Je rentre pour prendre mon repas du soir. Dehors, il se met à neiger. Une neige très fine, qui s'incruste partout. Ça va être sympa pour la grande montée demain matin ça tiens !

Je me couche, tôt. Pas de chasse aux aurores ce soir. Vu comme c'est bouché, ce n'est pas la peine. Je lis quelques pages de mon livre à la frontale avant de m'endormir.

Vos commentaires :

Par JEAN PIERRE SAINT VALERY le 7 mai 2025 à 10:07
Elles sont jolies ces photos !

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faut pas croire ce que disent les journaux